Financement participatif de la Fromagerie des Graines de Clayrac !

Suivez le lien : https://miimosa.com/fr/projects/construction-d-une-fromagerie-a-clayrac

Chèr-es client-es, chèr-es soutiens,

Vous connaissez bien les Graines de Clayrac puisque vous êtes fidèles tous les mercredis et les samedis ou dans les magasins bio et de producteur-ices.

Reprise en 2019 par Adrien, Clément et Charlotte, nous sommes aujourd’hui 5 associé-es aux Graines de Clayrac sur des activités diversifiées : maraîchage, pain, céréales, huiles, moutarde, pépinière de fruitiers et ovin viande.

La ferme a donc grandi en nombre de paysan-ne et en productions, c’est une réussite !

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Aujourd’hui, afin d’assurer la pérennité agro-écologique des prairies, valoriser mieux en maîtrisant jusqu’au bout la production issue de l’élevage et garantir un revenu digne pour nous paysan-nes, nous avons fait le choix de créer un atelier de transformation de fromage de brebis à la ferme.

Pour le financement de cet atelier, nous avons décidé de faire appel à l’engagement local et citoyen en nous adressant directement aux personnes qui nous connaissent, nous ont fait confiance et celles qui sont déjà sensibilisées et actives dans la promotion d’une agriculture paysanne, écologique et sociale que nous mettons en pratique au quotidien.

 Concrètement, nous vous sollicitons directement pour le financement de ce projet à travers 2 possibilités:

  • Le DON EN LIGNE sur la plate-forme MIIMOSA  : https://miimosa.com/fr/projects/construction-d-une-fromagerie-a-clayrac Vous pourrez y lire le détail en image, en chiffre et en explication du projet. Le don, c’est une manière pour nous de mobiliser notre réseau et de permettre à toutes les bourses (de 10€ à quelques centaines d’euros) de participer et de manifester un choix et un engagement dans notre modèle paysan. Montrer que c’est le nombre qui fait la réussite … Le don c’est aussi parce que cette ferme « ne nous appartient pas », comme vous le savez déjà sûrement, la ferme fait partie du mouvement Terre de Liens (https://terredeliens.org/). Nous sommes donc usager.es de notre outil de travail (terres et bâtiments), c’est un bien commun, ce qui veut dire concrètement que nous ne le revendrons jamais et que nous ne repartirons pas avec à la fin de notre carrière. Cet outil de travail sera transmis aux générations futures sans spéculation ni enrichissement personnel. Notre salaire provient de notre travail (nos produits vendus) uniquement.
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    • Le PRET PARTICIPATIF, jusqu’à 50 000€ en tout, en direct de « vous à nous » ! Afin de réduire l’emprunt bancaire, nous proposons à des personnes ayant de l’épargne mobilisable allant de 1 000 à 10 000€ par personne de contracter un prêt auprès de notre GAEC (Groupement agricole d’exploitation en commun). Juridiquement, c’est une reconnaissance de dette déclarée aux impôts avec un échéancier de remboursement sur 10 ans maximum.

    Pour échanger sur l’option prêt participatif citoyen, nous vous invitons à réunion d’information à la ferme le mercredi 6 novembre 2024 à 19H30. Nous vous ferons visiter les lieux des travaux, présenterons le budget, le prévisionnel économique et le fonctionnement du prêt participatif, autour d’une soupe et d’un apéro.

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    Un GRAND MERCI déjà pour votre fidélité et d’avance pour votre soutien.

    La collecte de don se termine le 4 novembre. Dès maintenant, n’hésitez pas à communiquer ces informations autour de vous, vous êtes nos meilleurs ambassadeurs et ambassadrices, car vous nous faites déjà confiance !

    l’équipe des Graines de Clayrac (Magalie, Charlotte, Hélène, Clément et David)

    Conservation et sélection paysanne

    Une brève histoire de la sélection variétale

    Le travail de sélection de semences a largement évolué au cours de l’histoire. Si auparavant, chaque paysan exerçait sa propre sélection variétale en fonction de ses propres critères d’évaluation, le travail de sélection s’est largement professionnalisé. La transition d’une sélection paysanne vers une sélection scientifique sera radicale au lendemain de la deuxième Guerre Mondiale. En effet, la sélection variétale et le progrès génétique s’intègrent alors dans ce large programme de modernisation de l’agriculture en Europe et de nombreux programmes de recherche sont lancés après la création de l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique).

    Les objectifs de sélection priorisés d’après guerre sont directement liés à l’accroissement de la productivité. La culture de blé n’échappe pas à la règle. Orchestrée par l’INRA en France, la sélection s’accélère, suivant la tendance de la standardisation, pour adapter le blé à une agriculture plus intensive en intrants chimiques ainsi qu’à la transformation industrielle post-récolte.

    Conservation et sélection paysanne pour des variétés adaptées

    Aujourd’hui beaucoup de paysans se rendent compte que les variétés sélectionnées de la sorte ne sont pas forcément adaptées à l’agriculture biologique ou à faible niveau d’intrants. En effet, la plupart des programmes de sélection variétales actuels sont réalisés en conditions de cultures conventionnelles, avec utilisation d‘engrais et de pesticides de synthèse. Cela donne naturellement des variétés qui sont adaptées dans ces conditions et non pas dans des conditions d’agriculture biologique.

    Pour une agriculture respectueuse de l’environnement, d’autres critères de sélection que le rendement doivent être pris en compte (comme ils l’avaient été auparavant) : l’adaptabilité au milieu, la résistance aux maladies, la valorisation de terres pauvres avec peu de fertilisation, la résistance au manque d’eau…

    S’ajoute à ces différents critères agronomiques, les critères gustatifs et nutritionnels. Car n’oublions pas qu’après le blé que nous moissonnons, il y a le pain que nous mangeons !

    Depuis quelques années, Clément et Charlotte ont collecté un certain nombre de variétés anciennes de blé. Oubliées pendant un temps, elles sont remises au goût du jour par beaucoup de paysans boulangers qui ne trouvent plus leur compte dans les « variétés modernes » proposées dans le catalogue officiel. Elles sont notamment appréciées pour leur rusticité, leur résistance aux maladies, leur saveur prononcée ou encore leur plus grande digestibilité lorsqu’elles sont transformée en farine ou en pain.

    Parfois, pour certaines variétés de blé, le collectage représente quelques centaines de gramme ou seulement un épi! Il faut alors multiplier ces graines. C’est l’occasion de les semer, de les observer, de voir quelles sont les variétés les plus adaptées aux conditions locales… et une fois qu’on a une quantité suffisante de grains (après plusieurs années de multiplication), de les transformer en pain et de les goûter !

    Cela donne lieu à un véritable conservatoire vivant, où se côtoient des variétés de blés d’ici et d’ailleurs, aux couleurs, aux formes et aux goûts multiples.

    Qu’elles s’appellent Tsiteli Doli, Saissette d’Arles, Barbu du Roussillon, Touselle rouge, Tuelle de l’Ubaye, Blé du Champsaur, Blé de Perse, barbu de Lacaune, blé meunier d’Apt, blé de Khorazan, Rouge du Roc, Touzelle Anone, Blé de Langogne, Mottin ou encore Blé du Lot, derrière ces noms poétiques, toutes ces variétés paysannes portent en elles l’histoire de générations d’hommes et de femmes qui les ont semé, cultivé, récolté, trié puis à nouveaux semé…

    Et si nous continuons aujourd’hui à semer ces variétés et réaliser ce travail de sélection paysanne, ce n’est pas pour le folklore de conserver des « variétés du passé » tel que le ferait un musée.

    Nous mesurons l’importance d’être autonomes sur nos propres critères de sélection afin de rester maîtres de l’agriculture que nous exerçons et du pain que nous façonnons. Ces variétés parfois appelées «variétés anciennes » représentent à nos yeux plutôt les « variétés pour l’avenir », porteuses d’espoir pour l’agriculture, l’environnement, l’alimentation et la santé.